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La poupée vaudou de Nicolas Sarkozy

par Laurent EDOUARD

L’acte magique est grave et ne devrait pas être banalisé. C’est malheureusement ce qu’a fait la justice en autorisant la poursuite de la commercialisation d’une poupée vaudou à l’effigie de Nicolas Sarkozy. De mon point de vue, le problème posé par cette affaire n’est pas seulement une question de « droit à l’image absolu et exclusif« . C’est avant tout une question morale et une problématique dont la réponse ne peut être trouvée sans prendre en considération la portée de l’acte Magique. Or, nous savons tous que ce paramètre est ignoré dans notre civilisation.

Le conseiller spécial de l’Élysée, Henri Guaino, a estimé à propos de la commercialisation du livre-objet, « incongru, scandaleux, moralement inacceptable (…) qu’on puisse trouver un juge pour dire que ça n’atteint pas la dignité de la personne« . « Avoir des poupées vaudou qu’on peut piquer, c’est quand même extravagant« , a-t-il lancé.

Pire, c’est dangereux ajouterais-je ! Qui sait vraiment, aujourd’hui dans notre société moderne, ce qui est mis en œuvre par l’intermédiaire d’un tel objet de rituel magique ? Que sait-on vraiment de l’opérativité de ces poupées industrielles ? La justice peut-elle apprécier en toute connaissance de cause, l’enjeu d’une telle affaire ? Comment sensibiliser « les illustres enfants du siècle des chemins de fer et des téléphones » à un sujet aussi occulte que celui de la magie vaudou ?

La décision rendue par la justice ne porte pas, à mon sens, sur l’essentiel du problème posé et montre l’incompréhension de nos contemporains face à une question dont la nature échappe à notre culture. J’en veux pour preuve la réaction de Ségolène Royal (qui a eu sa poupée également) et qui « se réjouit de la décision judiciaire » déboutant Nicolas Sarkozy de sa demande d’interdiction de commercialisation de cette poupée vaudou, y voyant la protection de la liberté de caricaturer. Il ne s’agit là que d’un paramètre à considérer, certes fondamental en termes de liberté, mais je veux aller plus loin dans la réflexion et y inclure la considération magique.

L’ampleur du phénomène, en terme de ventes, justifie pour l’analyste averti en matière de Magie, la réaction de Nicolas Sarkozy. En effet, il n’est pas interdit de penser que bon nombre des acheteurs de ce produit puissent se livrer à des manipulations nuisibles au Président, fussent-elles le fruit de profanes décérébrés. Je sais bien que cette remarque porte à rire, mais c’est remettre en cause une tradition pourtant respectable. Une tradition réduite à tort à un acte de magie noire, donc avec intention de nuire. Ces poupées sont pourtant originellement aussi destinées à faire le bien et à guérir celui qu’elle représente. Le produit qui nous intéresse, si j’en crois les inscriptions qu’il comporte, ne paraît toutefois pas destiné à mettre en œuvre des intentions lumineuses…

Dix jours après la sortie du produit, chez Amazon les poupées étaient en 3e position des meilleures ventes. A la Fnac, c’est carrément la première place qu’elles occupaient, juste devant le livre de Sœur Emmanuelle. Bref, le succès marketing était au RDV et je comprends de ce point de vue l’indignation de la société qui distribue le produit !

Lequel d’entre nous aimerait voir son identité aux prises avec des aiguilles vaudou ? C’est utopique, mais la décision aurait dû être prise en vertu du principe de précaution.

Laurent EDOUARD

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