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Fluides… et tarot ! (Anonyme)

par Anonyme

En achetant les 78 lames du Tarot de Marseille dans un supermarché ou une boutique spécialisée, le profane n’acquiert qu’un vulgaire jeu de cartes imprimées. En elles-mêmes, ces cartes n’ont aucun pouvoir. A première vue, le dessin de ces cartes lui paraîtra surprenant, naïf, malhabile et les couleurs un peu agressives. Pour l’initié, par contre, les 78 arcanes du Tarot forment un fantastique outil de connaissance. Pour entrer dans le Tarot il faut le considérer comme un tout indissociable. Chaque détail compte. Même si les cartes n’ont ni valeur sacrée ni pouvoir de divination par elles-mêmes, (ce ne sont après tout que des bouts de carton peints) il traitera son jeu avec déférence, car elles sont potentiellement détentrices d’un immense pouvoir. Mais pour que ces lames vivent, qu’elles agissent en nous, dans notre cœur et notre esprit, pour qu’elles deviennent véritablement nôtres, qu’elles fassent partie de notre corps, qu’elles occupent notre inconscient et se lient à notre âme, il nous faut d’abord visualiser leur image, assimiler la richesse et la valeur de leurs symboles, les mémoriser, puis les dompter physiquement et intellectuellement avant de les imprégner de notre propre fluide.

Voici comment un des plus renommés tarologues de ce temps décrit la cérémonie rituelle et magique, procédant à la mise sous tension d’un nouveau jeu de Tarot :

« Pour faire véritablement corps avec les lames, pour qu’elles deviennent nos ambassadrices spirituelles en même temps que le prolongement physique de notre moi, pour qu’elles se chargent de pouvoir, il nous faut entrer en résonance, en intime communion avec nos cartes.

Pour commencer, je les caresse longuement, je les contemple durant des heures jusqu’à la fascination, je les mélange dix fois, cent fois, mille fois, délicatement, avec amour, en les faisant glisser inlassablement entre mes doigts comme des objets précieux et fragiles.

Allongé sur mon lit, je passe et repasse chaque lame contre ma chair nue, l’imbibant de mon magnétisme personnel, harmonisant ainsi nos vibrations mutuelles. Je les frotte l’une après l’autre contre mon front, contre ma bouche, contre mon cœur, contre mon sexe. Je les hume, je les baise, je les sature de mon souffle, de ma salive, de mon sperme.

Cette démarche peut paraître insensée, indécente ou puérile, mais elle est essentielle pour celui qui veut que les lames vivent avec lui, en lui.
Je dors avec mon jeu de Tarot, je voyage avec lui, je le porte toujours sur moi, il est à mes côtés quand je fais l’amour. Il est l’objet le plus précieux que je possède, je ne permets à personne d’y toucher. Je l’enveloppe dans un double carré de soie sauvage mauve et le range dans un coffret de bois précieux confectionné tout exprès pour lui servir d’écrin. Chaque mois, à la nouvelle lune, je l’expose à ses rayons pour le recharger par ricochet de toutes les forces cosmiques.
 »

Ici, comme dans tous les autres aspects du Tarot, il existe diverses écoles. Cette diversité prouve la richesse du Tarot. Comme tous les arts vivants, le Tarot bouge, se transforme, évolue. Rien en lui n’est figé, tout reste à découvrir.

Celui qui veut étudier le Tarot doit l’aborder avec sincérité et humilité, accepter de le vivre. Si le Tarot ne connaît pas de dogmes immuables, la Tradition est à la fois une et multiple. N’oublions jamais que tout est dans le Tarot et que le Tarot est dans tout.

Il y a les jansénistes du Tarot telle Tchalaï Unger, les Epicuriens comme Jodorowsky, les artistes comme Marcel Picard.

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d’une seule chose. » (La Table d’Emeraude)

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