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Voyant mais pas psy !

par Brigitte Faccini

En réaction à l’enquête « Que voient les voyantes ? » parue dans le magazine « Psychologies » de Juillet-Août 2006, il semblait bon de revenir sur quelques points cruciaux pour éviter de semer la confusion dans les esprits. Lassée par ces préjugés encore trop vivants et voyante de son état depuis plus de 10 ans, je souhaite rappeler que la mission d’un professionnel éclairé et sérieux, n’est certainement pas de déresponsabiliser le consultant soucieux de son avenir.

« Un voyant compétent demeure une lanterne afin que l’être puisse prendre la décision qui lui incombe« .

A l’opposé d’un psy, qui écoute parler son patient, le voyant se doit de dévoiler ses prédictions sans influences extérieures pouvant entraver sa démarche. D’ailleurs, un professionnel de la voyance averti ne se substituera jamais à une psychanalyse recommandée suite à une demande légitime. Si, pour beaucoup, la voyance reste un moyen salutaire pesant lourd sur les décisions au cœur d’une vie, elle fait surtout figure pour certains de balise utile sur un chemin tortueux.

Comme on peut le lire dans l’encadré présenté page 68 du célèbre et édifiant magazine « Psychologies« , « Ne prenez pas les voyants pour des psys« , le thérapeute a pour vocation d’aider le patient à « redevenir le maître de son destin« . Ceci se présente alors comme un argument analogue aux deux pratiques mises en concurrence, si l’on considère évidemment la voyance sérieuse et responsabilisante. Et contrairement à ce qui suit la citation ci-dessus, le voyant compétent n’a nullement pour vocation initiale de « s’immiscer dans le vécu du consultant comme une « mère trop comblante et protectrice« . Si le voyant peut apaiser son consultant en le ménageant avec empathie au fil des révélations qu’il découvre, son devoir est toujours de responsabiliser celui venu lui réclamer une aide. En voyance, une orientation permet ainsi à l’être de puiser en lui-même SES propres réponses, et SES propres clés d’avenir. Aidé de ce qu’il aura entendu en consultation, se déclenchera peut-être pour le consultant un déclic afin de le mener à se prendre en charge pour résoudre ses problèmes. Je préfère insister là encore sur l’importance de demeurer le « seul et unique maître de sa destinée« . Mon travail s’axe essentiellement vers cette perspective pour ses consultants. Encore faut-il se trouver face à un voyant compétent, non muni d’un ego tentaculaire assoiffé par la cupidité ! Cette situation n’a rien de fatal, car il existe fort heureusement de très bons professionnels de la voyance.

Je me prête toujours de bonne foi à de nombreux tests, et ce qui ma rend heureuse dans l’accomplissement de ma tâche extralucide : « Je trouve que la plus grande récompense que puisse obtenir un professionnel sérieux, c’est qu’un jour, les consultants n’aient plus besoin de mon aide ! » Est-ce ici le propos d’une « mère trop comblante, ou trop protectrice ? » Non. En tout cas, en professionnelle passionnée, j’aimerais vraiment que ma profession regagne ses lettres de noblesse et surtout, qu’elle ne soit plus entachée par des charlatans qui font planer sur elle l’ombre sournoise du préjugé. De plus, il semble insultant de mettre en doute la capacité de bon sens et le sens critique des consultants.

En revanche, un voyant honnête ne prétend aucunement remplacer l’aide d’un psy. La comparaison s’avère déplacée au vu des critères développés ci-haut entre les deux professions.

Néanmoins, si certains voyants fabulent et réclament des confidences de la part de leur consultant, la relation peut très vite se détourner du but initial, voire devenir malsaine et aliénante.

D’autre part, si des charlatans non scrupuleux se glissent dans la jungle de cette profession tant décriée, il en va de même pour tous les corps de métier, c’est indéniable. Comme d’autres collègues, j’en suis fort consciente et le déplore vivement.

« On reconnaît l’arbre à ses fruits » (Saint-Matthieu), si en effet, un voyant véhicule de bonnes énergies, il ne pourra qu’exercer un travail favorable au sein de son antique métier.

Dans le cas contraire, si un voyant semble propager des énergies liées au contrôle d’autrui au nom de la profession, le résultat sera à l’image de cette mauvaise éthique.

Cependant, discréditer trop hâtivement une poignée de professionnels compétents à cause de ces faits discutables, reviendrait à régresser en des temps obscurs tel la Grande Inquisition. Cette sentence injuste serait tout autant condamnable pour tous ceux qui exercent leur métier dignement et qui font la satisfaction de leurs consultants. Consulter ponctuellement un voyant que l’on juge correct et que l’on désigne mûrement de son plein gré peut permettre une assistance non négligeable, du moment que rien n’aliène l’être.

Il faut dire que les voyants possèdent cette précieuse faculté qui leur attire également bon nombre d’envieux, bien que chacun ait en lui-même les moyens si souhaités de développer et user de ce « don« . Ils savent depuis longtemps, ou depuis toujours, écouter leur intuition, cette petite « voix intérieure » qui leur permet de lire au cœur des êtres.

Cette évidence ne constitue certes pas une preuve palpable pour un individu purement rationnel qui refusera souvent ce « pouvoir » qu’il a sur lui-même. « Pouvoir » qui, s’il l’activait, lui servirait dans l’existence, lui préférant, peut-être pour se rassurer, des professions ayant nécessité de longues études.

Toutefois, parler d’une soit disant concurrence entre voyants et psys serait regrettable, puisque finalement, les deux peuvent co-exister sans ombrage au sein d’une société où l’harmonie est souvent un luxe à atteindre.

Que chacun soit libre de juger vers quelle énergie il compte tendre, le principal étant d’y trouver son bonheur, pourvu que le guide soit celui qui corresponde le mieux pour éclairer sa destinée.

Brigitte Faccini

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