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Françoise Desbouches : la voyance revisitée !

Françoise D.

Quel cheminement personnel vous a conduite à exercer la voyance?

La médiumnité est mon chemin de vie.

Ce chemin fut pavé d’épreuves, principalement d’ordre affectif. Rescapée d’une enfance que l’on dirait puisée à la veine de « vipère au poing » d’ Hervé Bazin, je me réfugiai, pour « sur-vivre », dans un monde chamanique dont j’ignore à cette époque qu’il n’est pas un lieu commun. La voyante était déjà là à 6-7 ans.

Rêveuse, mystique, m’identifiant à la nature et aux animaux dans une intimité qui me cheville l’âme et m’émerveille, m’échappant de mon corps chaque nuit, je suis fascinée par les aimants, les labyrinthes et me nourrirai de la lecture journalière de l’Ancien et du Nouveau Testament à l’âge de la bibliothèque rose…

C’est à vingt-neuf ans, dans la tourmente d’un chagrin d’amour, que se révèle, fulgurante cette fois, ma nature médiumnique : visions de défunts, clairaudience, clairvoyance, capacité à soulager les maladies de peau, les problèmes d’articulations, les inflammations et à effacer la douleur. Ces capacités hors de la norme, je les rapprocherai alors d’une expérience de mort imminente (EMI ou NDR) vécue huit ans plus tôt. Le plus impressionnant fut de retrouver cette capacité que j’avais enfant à voyager, en toute lucidité, hors de mon corps, voyages initiatiques dont je garde l’indélébile empreinte et un soupçon de sagesse.

Je n’ai pas poursuivi de cheminement. En guise de boutade, je m’imaginerais plutôt comme une accidentée de la route !…

Je n’ai pas appris, ni réfléchi au comment ou au pourquoi pour en faire mon activité : la voyance, en termes de métier, s’est imposée par l’ impossibilité d’exercer sereinement tout autre profession tant je basculais sans cesse dans un autre monde, le monde de mon enfance, « le monde d’avant de naître » et c’est ainsi qu’un 1er avril 1983, je suis entrée dans ma vocation sans imaginer pleinement, ce jour-là, qu’elle serait la coloration de toute une vie.

Parlez-nous de votre consultation. Quels sont vos objectifs ? Comment se déroule-t-elle ?

J’aimerais contourner le mot « consultation » et ouvrir l’espace et le temps d’une aventure partagée. Idéalement, lorsque mon interlocuteur m’honore de sa confiance et témoigne d’une élémentaire ouverture d’esprit, nous nous envolons ensemble dans un subtil « pas de deux ».

« Quel voyage » me dit-on parfois ! Quelques instants suffisent le plus souvent, pour que s’évanouisse ma conscience ordinaire et que jaillisse la vibration particulière permettant de me glisser en l’autre, pour l’autre, avec l’autre au détour d’un mot « chuchoté » ou d’une image « subreptice ». Alors, ma voix traduit, au gré des images et des mots qui s’imposent, les hier-présent-demain, les dons et sources vives de l’autre, comme on étirerait un écheveau au long d’un invisible fil de trame le reliant à lui-même, dans un lieu-mémoire qui préside à sa vie. Et rien n’est pèle-mêle : chaque chose est dite et justement posée. Je me surprends, surtout quand il s’agit de clairaudience, à être ce « conteur » qui aurait la lecture naïve et spontanée d’un enfant et le recul d’un sage, en même temps.

Quant au déroulement d’un entretien, disons qu’en règle générale, les 10-15 premières minutes sacrifient à un recensement de situations passées et présentes, sous forme d’images ou de symboles, ce parfois avec une chronologie remarquable, parfois dans un ordre plus aléatoire. La qualité des images (de plus en plus nettes au fil de l’entretien) est tributaire de l’état psychique et mental du consultant, lequel peut parfois, malgré lui, perturber le champ visuel.

La richesse de cette activité tient au fait que chaque consultation revêt une coloration unique : les mots, les images et symboles, les expressions, jusqu’au ton de la voix même épousent étroitement la personnalité et le vécu de l’interlocuteur et diffèrent au gré des entretiens.

* Si, durant la phase préparatrice, un tableau fidèle du décor de vie et des préoccupations du consultant n’est pas dressé, c’est le signe indiscutable que le lien psychique n’a pu ou ne peut s’établir, rendant la consultation impossible.

Quels sont vos honoraires et comment les avez-vous déterminés ?

Depuis juin 2008, mes honoraires s’élèvent à 70 euros (pour une consultation dont la durée est, en moyenne, d’une heure et trente minutes), ce qui est un tarif modéré pour un médium connu exerçant depuis 27 ans en Province et, occasionnellement désormais, sur Paris. J’ai intentionnellement « oublié » de les ajuster en 2009, année où certains Guides spécialisés sont venus confirmer mes valeurs aux yeux du grand public.

Bien qu’ayant le privilège d’une belle notoriété, je reste donc très mesurée au sujet des honoraires.

J’ai en effet résolument choisi d’être accessible à tous et suis intimement convaincue que nous ne sommes pas médiums pour « faire de l’argent », qu’en fait, aucun être sur cette terre n’est là pour « faire de l’argent » mais pour devenir « ce qu’il est ».

* Mes honoraires seront donc révisés raisonnablement durant l’année 2010.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite vous consulter ?

Avant de prendre rendez-vous, et parce qu’il a le mérite d’exister, pourquoi ne pas se rendre au préalable sur mon site, histoire d’appréhender ma conception de la médiumnité et la démarche dans laquelle je m’inscris. Là, déjà, un lien de « reconnaissance » s’établit et une confiance s’installe bien plus sûrement qu’une recommandation si élogieuse soit-elle.

La meilleure attitude, au cours d’une consultation, est de se taire et de laisser le voyant « voguer » à sa guise, au gré des images qu’il capte et retransmet. Il ne s’agit pas, cependant, d’un monologue. Le voyant a besoin, surtout en début de consultation, de se voir confirmer la justesse de ses vues. Un bref acquiescement de son interlocuteur lui suffit pour continuer à dérouler le fil d’Ariane. Autant le voyant se doit d’être dans un état de concentration optimal, autant le consultant doit être attentif et témoigner d’un esprit d’ouverture et de disponibilité.

Le meilleur état d’âme est d’être en confiance et en sympathie (au sens étymologique du terme) avec le voyant, en ce sens où chacun accueille l’autre sur le terrain du sentiment, au-delà de nos moi et de leurs intérêts. Dans un tel partage, les performances d’un voyant s’en trouvent redoublées.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire, en vrac :

* Mentir pour le tester ou le piéger

* Lui raconter d’emblée votre vie

* L’interrompre (attention ! un silence ne signifie pas que le voyant est en panne)

* Le bombarder de questions, ou l’inonder de commentaires à chacune de ses paroles

* Chercher à le guider, pire l’influencer

* Exiger du voyant qu’il réponde à vos souhaits

* Faire du chantage affectif

Mais retenir principalement que
:

Le voyant se fait lecteur éclairé de la route afin d’aiguiser le discernement, inviter à une saine compréhension de la vie psychique, émotionnelle, affective, professionnelle, familiale… pour permettre à son interlocuteur d’en être l’acteur responsable, d’opérer les meilleurs choix afin de s’accomplir pleinement : il appartient donc au consultant, en toute conscience, de faire bon usage du talent du médium.

Quelle est la principale préoccupation de vos consultants ?

Leur vie et la réussite (ou la stabilité) de leur vie, avec tous ses enjeux, qu’ils soient professionnels, sentimentaux, familiaux, matériels.

Aujourd’hui, l’incertitude est grande tant sur le plan affectif que professionnel. Les divorces sont légion et rares sont ceux qui auront une carrière sans rebonds et, pour effleurer un sujet brûlant, une retraite sereine et douillette. Ils sont nombreux à venir chercher chez un médium le recul nécessaire afin d’optimiser leurs choix. Le profond malaise social que nous traversons ponctué des spectres du chômage, des crises économiques et financières, de l’éclatement des familles, de la solitude affective, d’un sentiment d’insécurité grandissant, etc., pousse à chercher aide et réconfort auprès des voyants dont on attend une réponse forte, précise et pertinente susceptible de juguler un indéniable « mal de vivre » et d’ouvrir d’autres horizons.

Selon vous, la fonction de voyant est-elle en train de changer ? L’attente des consultants évolue-t-elle ?

Le voyant est un miroir, miroir de l’autre et de son temps de vie, mais aussi miroir du temps qui passe. Il n’a pas d’autre raison d’être, à mon sens, que celle de se porter témoin et pionnier de l’aventure humaine. De fait, son rôle se (re)définit sans cesse au gré des attentes de ses contemporains et des besoins et nécessités de l’âme humaine.

Sans négliger le versant prédictionnel, l’entretien de voyance répond aujourd’hui à un besoin de prise en charge individuelle aux fins d’énoncer et dénouer certains blocages psychologiques et émotionnels, de sortir de situations d’échecs répétés, d’ouvrir les portes vers une meilleure compréhension de soi-même dans une « guidance » dit-on outre-atlantique, dans une « reliance » dirais-je en invitant au voyage intérieur.

Avez-vous des projets particuliers liés à votre activité ?

Mieux qu’un projet, un vœu : celui de faire entendre au plus grand nombre, un étrange et extraordinaire message, reçu de mars à mai 1990, par clairaudience. Retranscrit mot pour mot, sous forme de seize « psaumes », il est annonciateur d’une profonde mutation de l’homme (le nouvel Adam) et de la planète Terre, dans un contexte de transformation climatique, géologique, vibratoire, cellulaire et spirituelle et l’émergence d’un Nouvel Age appelé « Aurifère » :

« Nouvel être s’avance, humanité en résurgence,

Source inconnue née de l’éclair des enfants nus de l’âge de fer.

Nouvel âge, nouvel âge n’est pas adage :

Nouvel alliage pour race venue et c’est Aurifère

Grande transition quand l’or se vient à la terre. »

(extrait d’Aurifère)

Ce message, tel un channel -néanmoins différent dans la forme et d’un hermétisme salutaire quant au fond- est resté caché durant dix-huit ans.

Il ressurgit, à point nommé, avec la publication de la version « audio » telle que reçue à l’époque et qui vient compléter la retranscription qui en fut faite à l’adresse suivante :

http://www.channeling-evenguil.com

Pensez-vous que l’avenir soit écrit ?

La médiumnité nous invite à imaginer une autre conception de l’espace-temps qui ne serait plus ce « trois temps » séquençant un hier dont on se souvient, un présent que l’on vit, un demain incertain mais un temps sans frontière, retenant en fine trame la mémoire de nos hier, la mémoire de nos futur, la « Mémoire » tout court.

A mon sens, l’humanité, et chaque être la composant, pourrait bien rêver sa vie avant de l’accomplir en matière, un rêve tracé, en encre subtile, au fond de chacun. Alors, certes, en ce sens, l’avenir est écrit et nous en serions l’auteur à la fois inconscient et vigilant. En cela, nous sommes maîtres de notre vie, et responsables de tous nos actes et de tous nos choix, en vue de notre accomplissement.

Le médium est celui qui peut avoir accès à cet espace de lecture sur expresse demande et collaboration complice de son consultant.

Avez-vous un don ?

S’il s’agit de savoir si la médiumnité était déjà, comme un talent, en promesse à ma naissance, je l’ignore.

Ce dont je me souviens est qu’il me fallait vivre, j’ai même dit plus haut « sur-vivre ». Pour ce faire, j’ai trouvé refuge, non dans les bras d’une mère, mais dans l’immensité d’un ciel, dans la générosité de la nature, dans l’amour inconditionnel de l’animal.

Les vignerons disent que les « grands crus » naissent sur des terres pauvres où la vigne « souffre ». Le jardinier saura vous conseiller d’assoiffer une plante pour « forcer » sa fleur.

Peut-être alors, suis-je tout simplement née dans un désert … Et je ne serais pas arrivée sur la terre avec un « plus », mais avec un « moins ».

Que pensez-vous de la magie ? Selon vous, existe-t-elle et dans quel cadre peut-elle être utilisée ?

Avez-vous remarqué que « magie » est l’anagramme du mot « image »?

Comme le monde des mots est subtil…

Blanche ou noire, la magie se devient une croyance résiduelle, archaïque de nos jours et elle s’effacera le jour où les scientifiques démontreront l’étendue des capacités psychiques de l’homme. Aujourd’hui encore, les personnes fragiles et déstabilisées sont bien capables de « s’auto envoûter » toutes seules, persuadées qu’elles sont d’être sous l’emprise d’un sortilège. N’oublions pas que l’inconscient dégage des forces psychiques très puissantes hors de nous, et que le divan du psychanalyste peut délivrer de bien des fantômes.

Que pensez-vous du monde de la voyance ?

A travers les yeux du consultant « lambda », je le dénoncerais comme une jungle inextricable née et entretenue par un mercantilisme « arlequin » et tapageur, spécialiste du trompe l’œil et du fac-similé tandis qu’à deux pas de là, de très belles personnes ont discrètement et généreusement engagé et consacré leur vie à traduire, soutenir et servir leurs compagnons de vie terrestre.

Du point de vue d’un « voyant », c’est cette même jungle qu’il est nécessaire d’élaguer afin d’encrer et d’ancrer les contours exigeants d’une confrérie.

Je suis persuadée que le bon sens, la rigueur, l’exigence des consultants d’une part, le talent, l’engagement moral et l’éthique irréprochable des voyants d’autre part sauront séparer, si ce n’est déjà fait, le bon grain de l’ivraie.

Avez-vous des amis dans le monde de la voyance ?

Certainement. Et je préciserai que le monde de la voyance ne se cantonne certainement pas à celles et ceux qui font profession de divination. Je suis liée-reliée en France, en Europe et au-delà des mers à des personnes qui, à mon sens, tout en exerçant une activité fort différente, sont « voyantes » et appartiennent à cette famille de cœur et d’esprit dans laquelle je suis inscrite. En apparence, nos rencontres furent fortuites, l’amitié inattendue et l’aventure extraordinaire. Ce sont de grandes histoires d’amour.

Que pensez-vous des réseaux Audiotel ?

Vous m’autoriserez à faire usage de mon joker !… En effet, je n’ai aucune réelle connaissance sur le sujet.

Une remarque néanmoins : étant catégoriquement réfractaire au principe des numéros de téléphone surtaxés, je qualifierais de « suspecte » une prestation dite de voyance tarifée « à la minute », accordée 24 h sur 24, 7 jours sur 7, encourageant une consommation boulimique et pulsionnelle sur forte coloration de mise en dépendance de l’usager.

Quelles améliorations aimeriez-vous voir apporter à la fonction de voyant ?

J’aimerais évidemment voir s’estomper les impostures qui sévissent lourdement.

Il serait néanmoins utopique d’espérer une réglementation officielle d’une profession qui, parce qu’elle repose sur des facultés cognitives non-mesurables à l’heure actuelle, continue de réunir sous la même bannière le pire et le meilleur.

Un grand pas, d’ordre juridique, fut franchi au siècle dernier.

En effet, le Code Napoléon condamnait les gens faisant métier de deviner, pronostiquer ou d’expliquer les songes. Il fallut attendre le nouveau code pénal de 1992 pour que la pratique des sciences occultes soit autorisée.

Aujourd’hui, le temps semble venu pour les praticiens des arts divinatoires, de se « fédérer » afin de réfléchir ensemble aux moyens à mettre en œuvre pour inlassablement former, informer, avertir le grand public quant aux médiocrités charlatanes.

Le bon sens éclairé, la rigueur, l’exigence, le respect de soi auront un jour raison d’un charlatanisme dont Voltaire disait, à juste titre, « qu’il est né le jour où le premier fripon a trouvé le premier imbécile ».

Quel avenir prévoyez-vous pour les Chroniques de la Voyance ?

Je viens, à mon tour, poser une pierre blanche sur le chemin d’un site qui se réclamera de qualité et de sérieux, et qui devra prendre tout le temps nécessaire pour signer sa place et son originalité autour du mot « chroniques » justement en s’ouvrant à un plus vaste public. Articles et reportages, témoignages artistiques, débats et réflexions, à initier et à partager, le tout de « belle facture » comme sait si bien le faire le créateur des « Chroniques ».

Beau programme !

Françoise Desbouches

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