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Les secrets du mariage

Dans ces familles, réunies donc par le même emblème, seuls Roy et Reyne nous intéressent aujourd’hui. Chacun de ces huit personnages illustre une caractérologie inédite, simple, complète, et d’une logique résidant uniquement dans le dessin, le trait, la couleur de l’image. Les comparer entre eux manifeste la spécificité irrécusable de chacun, son point faible, ce qui le met en danger, le retient d’épanouir sa valeur, son potentiel.

Ainsi, par exemple, voit-on que la couronne de Roy de Coupe est cassée en deux, comme sa coupe. Que la jambe droite de Roy de Bâton est inutilisable et que son bâton (le seul bâton pointu du Tarot) menace dangereusement le talon de son pied gauche valide ; que le bras gauche à main bizarre de Roy d’Epée jaillit d’une poche de chair qui n’a rien à faire là et que, contrairement aux trois autres Roys, il porte des babouches comme dans sa chambre.

Roy de Deniers, lui, ne semble menacé par rien, même si l’on note son regard hyperthyroïdien, son chapeau chic dissimulant sa couronne, et diverses finesses – tel qu’un fauteuil à deux pattes dont un pan du manteau joue innocemment la troisième patte. Du bout de ses petites mains, il maintient son outil.

Du côté des Reynes – sœurs des Roys portant le même emblème – apparaissent des handicaps du genre identique : Reyne de Coupe garde la sienne fermée, un chapeau sous sa couronne (contrairement aux trois autres Reynes, qui portent seulement couronne), un toit enroulé autour de sa tête (contrairement aux trois autres)… et un bras, muni d’une main abimée, émergeant d’un tube de chair.

Reyne de Deniers tient aussi haut qu’elle peut un énorme Deniers qui, bien que rond, ne tourne ni ne roule, et semble la fasciner, l’obligeant à hyper-développer sa main droite.

Reyne d’Epée se cramponne à la seule épée rouge (sanglante ? dangereuse ?) du tarot, et pose une main souffrante sur son ventre couvert d’un tablier/bouclier entaillé d’une blessure.

Quant à la Reyne de Bâton, elle maintient sans effort un outil qui, vu à l’envers, a tout d’un instrument de musique : ce n’est pas du bois pour cogner ou piquer, mais pour vibrer, résonner !

Tchalaï in Passerelles Belges

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