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Tarot et synchronicité

Quand quelqu’un reçoit sur la tête une tuile tombée d’une toiture, il va, s’il s’agit d’un « réaliste », faire porter la responsabilité de l’évènement au propriétaire de la maison, voire lui demander des dommages et intérêts. Dans ce cas, le « réaliste » pourra, en partant d’une conséquence visible (par exemple une blessure ouverte accompagnée d’une commotion cérébrale) renvoyer les faits à une cause que chacun est en mesure de constater : une toiture en mauvais état nécessitant des réparations.

Un « ésotériste », au contraire, ferait la déduction inverse à partir du même évènement. Il déduirait d’une conséquence extérieure visible une cause intérieure supposée. Il se demanderait ce que l’instance supérieure de son Moi voulait lui communiquer en le faisant passer devant la maison juste au moment où la tuile tombait.

Quelle est donc, entre ces deux manières de voir les choses, celle qui est juste ? Toutes les deux sont correctes, du moins dans les perspectives du « réaliste » d’une part, et de l’ »ésotériste » d’autre part. La toiture avait indiscutablement besoin d’être réparée et constitue sans aucun doute une cause pour l’effet décrit. Mais le fait que la victime de l’accident soit passée là, exactement au moment où la tuile se détachait du toit, constitue tout aussi indubitablement une cause pour ce qui s’est passé. Nous voyons donc que ce sont les deux causes réunies qui ont pu entrainer les conséquences décrites de l’accident.

C’est pourquoi il est tout à fait possible qu’il s’agisse ici d’un évènement que le psychologue C.G.Jung appelle le principe de « synchronicité« . En termes plus ordinaires, on peut parler de « hasard significatif« . C’est un évènement que chacun d’entre nous a cru avoir senti instinctivement, à un moment ou à un autre de sa vie.

Par exemple, vous pensez à votre ami Paul dont vous n’avez plus de nouvelles depuis plusieurs mois, et il vous appelle le jour même au téléphone.

Un jour alors que je parlais de la carte du tarot de Marseille Le Soleil avec un ami, je jette un œil à la fenêtre et là, stupéfait, je vois un semi-remorque passer dans la rue avec l’image de la carte du soleil peinte sur la carrosserie !

La synchronicité signifie que les évènements ne sont pas reliés entre eux par une relation de cause à effet mais que, d’une certaine manière, ils sont en relation les uns avec les autres et qu’il est impossible de justifier ce fait ou de l’expliquer rationnellement.

C’est ce principe qui, selon moi, anime les tirages de tarots et éclaire le fonctionnement de tous les supports de divination. Ainsi, lorsque mon consultant me donne des cartes, il ne les choisit pas « par hasard » mais « par hasard significatif« . C’est-à-dire que les cartes choisies sont porteuses de sens et permettent de clarifier la situation du consultant de manière pertinente, bien que ce ne soit pas le fruit d’une relation de cause à effet. Il existe alors une relation symbolique entre un évènement d’origine physique (les cartes tendues) et une situation de nature psychologique (la vie du consultant, ses questionnements, son état psychique).

Il n’est pas pour autant possible de conférer une justification rationnelle à la taromancie, ni à la divination en général. En effet, ces disciplines sont bien trop complexes et contradictoires, car elles n’utilisent pas des moyens d’expressions logiques, mais symboliques. Cependant, l’expérience de Jung nous ouvre la voie vers un élargissement de notre mode de pensées causal et linéaire. Et, si tant est que nous souhaitions un tel élargissement ou que nous soyons convaincus de ses possibilités, il semble que peuvent y contribuer des modèles de pensées tels que l’astrologie, le tarot ou le Yi King.

Librement inspiré et adapté du livret d’accompagnement du Tarot du monde des ténèbres de Akron et H.R. Giger.

Laurent EDOUARD

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