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Le piolet et le palonnier

Le tarot, modèle de l’univers, est complet en lui-même, il n’a nul besoin de s’étayer sur aucune autre des grandes voies de la connaissance et de la divination*.

Certes, on peut faire des comparaisons globales. Travail de recherche qui permet d’identifier la vérité sous quelques-uns de ses aspects différents. Mais il ne faut pas commencer par là. Ces voies sont à considérer chacune dans sa totalité, en comparer des fragments entre eux équivaudrait à comparer un piolet et un palonnier : ces deux instruments sont utiles pour s’élever en altitude, mais le premier appartient au système de la cordée d’alpinistes et le second au système de l’aéroplane. Isolément, ils ne peuvent se comparer, même s’ils ont tous deux la forme d’un manche. On n’ira jamais plus loin que ce niveau formel.

D’ailleurs, la faiblesse des correspondances du genre « Arcane X – tel trigramme du Yi Ching – telle lettre hébraïque – telle couleur – tel son… » éclate dans les désaccords qui se manifestent entre les auteurs des comparaisons. Ces comparaisons et désaccords jouent, pour le disciple averti, le rôle réjouissant du chien d’Alcibiade.

Le travail idéal avec le tarot est un travail avec le tarot seul, ou plutôt serait. Vous n’auriez qu’à observer, mémoriser les cartes sans besoin d’aucun commentaire, en vous laissant simplement structurer, compléter, enseigner, transformer de cette façon. Un tel travail rencontre une impossibilité : votre réaction personnelle, votre intérêt, seront très différents selon les arcanes. C’est d’ailleurs ce qui permet d’utiliser le tarot comme diagnostic et thérapie dans tous les cas de déséquilibre psychosomatique.

Le tarot de Marseille est donc d’abord une école du regard et de la pensée objective pour un chemin initiatique mais aussi un outil précieux de diagnostic et de thérapie. Le diagnostic qui n’a rien à voir avec la divination, doit cependant aboutir aux mêmes résultats. La thérapie en est encore à ses débuts…

* car toutes les grandes voies sont doubles, l’aspect divinatoire venant en prime, en quelque sorte, à l’acquisition de l’aspect instructif. Ceux qui mettent la charrue avant les bœufs s’exposant à de cruels retours de manivelle, notamment par des déséquilibres graves du système neurovégétatif.

A suivre.

Tchalaï
Paru dans “Question de” n°30
mai-juin 1979

Laurent EDOUARD

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