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Voyance et crise économique

par Christophe CIRONE

L’affolement des marchés financiers n’a pas généré de rush chez les voyants. Mais leurs clients leur demandent bien plus qu’avant conseil en matière d’argent. Cyril Dodergny

Du petit porteur au directeur de banque, qui ne serait pas tenté de lire l’avenir de l’actuelle crise financière dans une boule de cristal ? Certes, cet outil cliché n’a plus trop cours chez les voyants. Et encore faut-il y croire… N’empêche : il est plus que jamais question d’argent au casino Ruhl, où se tient, jusqu’à ce soir, le 10e salon de la voyance. La demande qui y revient comme un refrain : « Est-ce que c’est le moment de vendre ? »

Et ça défile. Depuis six jours, cinq voyants azuréens travaillent, là, non-stop, de 13 h à 20 h, enchaînant des consultations de 20 minutes à 15 euros. Salon complet jusqu’à la clôture. Et déjà des réservations pour le prochain, en février 2009 !

Effet anxiogène de la crise ? Non. L’engouement pour les arts divinatoires n’a pas attendu le décrochage du CAC 40. Mais « depuis dix-quinze jours, les gens me demandent s’ils doivent retirer leurs placements », constate le médium niçois Davine. « Les questions d’argent ressortent beaucoup. D’autant que j’ai pas mal d’hommes d’affaires parmi mes clients… »

Adepte du tarot et du pendule, la Niçoise Micaela entend elle aussi « beaucoup d’inquiétudes relatives aux placements financiers ».

Au point que le rapport entre les questions sentimentales et d’argent est passé de 80-20 à du 50-50, pour Chantal, cartomancienne à Villefranche – « surtout chez des personnes âgées qui veulent savoir si elles doivent retirer leurs petites économies ». Ou encore « des couples qui vendent ou achètent un bien immobilier », ajoute Marine, de Villeneuve-Loubet.

« Ils ont mal au moral »

De l’aveu des voyants, leur métier s’apparente de plus en plus au coaching. Se mueraient-ils à présent en conseillers bancaires ? Pas loin. En tout cas, les cinq voyants, ici présents, certifient, bien sûr, avoir senti depuis longtemps venir la crise.

Ce mot-là, le Niçois Jean-Luc est le seul à ne pas l’avoir entendu au salon. « En vingt minutes, les gens préfèrent parler de problèmes affectifs, de travail ». Mais en cabinet, on lui a proposé récemment un règlement échelonné. Une première…

Christophe Cirone

Source : Nice-Matin

Laurent EDOUARD

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