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Tarologue et médium !

Foi de cordonnier, ou crédulité un brin débile, le consensus populaire voudrait faire de la lecture du tarot un instrument de pénétration du temps, une machine à rendre transparent l’organigramme de la destination. Et la science dans tout ça ? Et notre libre arbitre ?

C’est à ces questions posées par Eva Ruchpaul dans l’introduction de l’excellent ouvrage de Marcel Picard, « Tarots, pratiques et interprétations » auxquelles je me suis heurté dès l’adolescence. Comme elle l’évoque dans sa réflexion, j’ai compulsé les modes d’emploi, ignoré volontairement les contradictions, et collecté les informations dans un sens choisi arbitrairement pour satisfaire mon ego et mon échelle de valeurs de l’époque. Avec le sourire complice de quelques petits hasards, j’ai joué le mage en herbe. Sans le savoir, j’avais choisi la pente de l’obscurantisme.

J’ai consacré mon adolescence à étudier les arts divinatoires, les phénomènes paranormaux/métaphysiques, la doctrine spirite, à la plus grande surprise de mes parents et de mon entourage. A 16 ans, j’avais un professeur d’astrologie ! Rien n’expliquait dans mon entourage cette quête effrénée de l’au-delà !

Ma mère, naturellement « médium » mais n’exerçant pas, devait sentir que mon destin passerait par là et j’ai toujours été libre d’expérimenter sans que ma démarche ne l’inquiète vraiment malgré l’incidence défavorable sur mes résultats scolaires. Mon père ne suivait pas… Il était impuissant à percevoir ce dont il s’agissait.

Ma descente sur la pente obscurantiste n’aura pas duré longtemps, car je n’ai jamais cessé de tout remettre en question en confrontant mes résultats, ma pratique avec l’esprit cartésien. J’étais profondément animé par une quête intellectuelle, je voulais comprendre, mesurer, jauger et valider des résultats dans un cadre conforme aux connaissances scientifiques.

Il aura fallu attendre de nombreuses années pour que l’Esprit me guide vers la rencontre de personnes avancées sur le Chemin, suffisamment pédagogues pour me faire remettre en cause des années d’apprentissage studieux d’une sclérosante grille de lecture du tarot (et donc du monde), ignorant que j’avais sous les yeux une superbe cathédrale en 78 morceaux, tous indispensables.

Mes rencontres avec Marcel Picard, Carole Sédillot, Tchalaï, Jean-Claude Flornoy et beaucoup d’autres m’auront permis de prendre de la hauteur et de sortir d’une logique cartésienne impuissante à tout expliquer de ce qui concerne la magie du tarot. Ces images me passionnent encore aujourd’hui et font partie de mon univers personnel et professionnel. S’exercer l’intuition n’est jamais du temps perdu. La lecture intérieure est l’arme absolue des créatifs. Et savoir prendre le pouls des circonstances reste le don majeur des bâtisseurs.

Monsieur-tout-le-monde craint l’information sans support, il redoute la notion directe si elle n’est pas justifiable logiquement. Comme une missive sans porteur, le flash d’intuition le déstabilise. Il le rejette violemment d’un revers de bras. Et pourtant, Monsieur-tout-le-monde lorsqu’il déprime n’hésite pas à aller consulter un voyant. Il en est de même pour les grands de ce monde, les meneurs de jeu, qui sont des familiers des antres où l’on tâte l’avenir. J’ai mis longtemps à comprendre que c’est cet Amour de l’Autre qui m’a poussé à chercher et qui me pousse encore à deviner ce qui se cache derrière ces cartes mystérieuses.

De tous les pédagogues que j’ai rencontrés, c’est Tchalaï Unger qui fait figure de proue. Elle m’a précipité dans le monde de « percevoir » en ébranlant les conceptions intellectuelles, fruits de mon ego, grâce à un de ces trucs dont elle avait le secret. J’ai mis des mois à m’en remettre. Elle m’a fait naître au monde une seconde fois pour que j’accomplisse ma fonction avec un esprit dépoussiéré des directives psychanalytiques et des oukases de société. Elle m’a transmis l’œil laser. Je l’en remercie.

Jean-Claude Flornoy a achevé le travail plusieurs années plus tard.

J’étais né « médium », je l’ai longtemps refoulé ou mal compris. J’avais cru ceux qui revendiquent l’idée erronée selon laquelle les tarologues ou les cartomanciens ne font que « lire des supports ». C’est parfois vrai, mais ce n’est pas toujours le cas. Ces bouts de cartons sont une interface magique entre plusieurs plans de la réalité. Ce ne sont pas de simples images. Il arrive que le tarologue soit médium… et aussi guérisseur !

Laurent EDOUARD

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